Loi Des 12 Tables Dissertation Writing

La Loi des Douze Tables (en latin : Lex Dvodecim Tabvlarvm ou plus simplement Dvodecim Tabvlae) constitue le premier corpus de lois romaines écrites. Leur rédaction est l'acte fondateur du ius scriptum, le droit écrit. Le corpus est rédigé par un collège de décemvirs entre 451 et 449 av. J.-C. L'apparition de ces lois écrites marque une certaine laïcisation du droit romain, par rapport au ius oral pratiqué auparavant.

Histoire[modifier | modifier le code]

Conflit entre les patriciens et les plébéiens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Lex Terentilia.

Au début du Ve siècle av. J.-C., le droit romain (en latin : ius) est oral et appliqué de façon presque religieuse par les pontifes issus des familles patriciennes. En 462 av. J.-C., pour mettre fin à ce qu’il considère comme un pouvoir arbitraire dont pâtit la plèbe, le tribunCaius Terentilius Harsa propose un projet de loi, la rogatio Terentilia, qui vise à créer une commission de cinq membres afin de définir par écrit les pouvoirs consulaires, ce qui empêcherait tout excès. Les patriciens s’opposent immédiatement et violemment à ce projet qui est repris année après année par les tribuns de la plèbe[a 1].

Étude des lois grecques[modifier | modifier le code]

Après un long conflit politique de neuf années, selon Tite-Live, trois représentants romains partent à Athènes en 453 av. J.-C. transcrire les lois de Solon[a 2]. Les historiens modernes considèrent toutefois que ce voyage n'a en fait jamais eu lieu mais reconnaissent que le projet romain a été fortement influencé par l'isonomie propre à la démocratie athénienne et issu des réformes clisthéniennes de 508 av. J.-C.[1].

« La cité se trouva en effet face à deux hypothèses [...] d'organisation normative et d'ordonnancement social, deux modèles alternatifs de souveraineté, pourrions-nous dire : l'un fondé sur le paradigme, spécifiquement romain, du ius ; l'autre sur celui, grec et méditerranéen, de la lex. On peut sans abus affirmer que le conflit eut des conséquences incalculables : de lui dépendit l'invention de la "forme droit" dans le parcours de l'Occident. »

— Schiavone 2008, p.99

Création d'un décemvirat législatif[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Décemvir à pouvoir consulaire.

À leur retour supposé d'Athènes et des villes grecques d'Italie du sud[a 3], une commission extraordinaire, les décemvirs législatifs à pouvoir consulaire (decemvir legibus scribundis consulari imperio), est créée pour rédiger les lois (leges). Nommés pour un an, ils sont munis de l'imperiumconsulaire[a 4],[2].

Rédaction de la Loi des Douze Tables[modifier | modifier le code]

Les tables auraient été rédigées en deux fois, les dix premières en 450 av. J.-C. et les deux dernières en 449 av. J.-C. Selon Strabon, les décemvirs romains ont été aidés dans la rédaction des douze tables par Hermodore, un Éphésien, ami d'Héraclite d'Éphèse. Elles sont publiées la seconde année sur le Forum Romain sur douze tables en bronze[n 1]. La seconde commission de décemvirs aurait tenté de maintenir son pouvoir absolu, mais devant la sécession de la plèbe, retirée sur le Mont Sacré, et le soulèvement de l'armée, elle aurait été contrainte à la démission[a 5]. Certaines études modernes[3] remettent en cause ce récit : le second décemvirat ne serait jamais survenu et c'est celui de 451 av. J.-C. qui aurait inclus tous les points controversés de la loi[a 6].

Selon les annalistes de l'époque augustéenne, les nouvelles lois dites « des Douze Tables » auraient été approuvées par les comitia curiata. Les historiens modernes réfutent toutefois ce récit, considérant qu'il s'agit d'une interprétation rétrospective qui fait remonter jusqu'à la Rome monarchique, voire jusqu'à Romulus, le modèle républicain de la relation entre la lex et les comices[4]. L'inspiration grecque est difficilement contestable, les sources concordant sur ce point : l'historien grec Denys d'Halicarnasse évoque une double influence des lois grecques[n 2] et des coutumes romaines non écrites (mos maiorum)[a 7]. Elle se manifeste principalement dans l'apparition de la peine compensatoire.

Contenu de la Loi des Douze Tables[modifier | modifier le code]

Les sources antiques[modifier | modifier le code]

Ni le texte complet, ni les six livres de commentaires faits par le juriste Gaius ne nous sont parvenus. Le texte original a probablement été détruit lors du sac de Rome de 390 av. J.-C., mais il nous est connu de façon indirecte, notamment par le jurisconsulte Sextus Aelius Paetus Catus. Les citations faites par des auteurs latins de ce texte ont néanmoins permis une reconstitution dont l’authenticité n’est aujourd’hui plus contestée[5],[6].

Analyse moderne[modifier | modifier le code]

Du ius à la lex[modifier | modifier le code]

On parle parfois de « codification et de laïcisation du droit », qui passe de ce qui est permis par la religion à ce qui relève du « droit civil » (ius civile)[7]. La plus grande partie des lois est en effet consacrée au « droit privé » (ius privatum) et à la procédure civile (le lege agere (it)) : il ne s'agit en aucun cas d'une « charte constitutionnelle » ou d'une organisation des pouvoirs publics. Une partie importante concerne les crimes et les peines.

En fait, les spécialistes s'accordent à souligner les différences majeures séparant ce texte d'un code de loi au sens moderne. Toutefois, on observe bien un passage du ius non-écrit, incarné par les responsa orales des pontifes, à la loi écrite (lex), donc publique et « laïque », au sens que l'écriture de ces lois vise à amoindrir le rôle religieux des pontifes[8]. L'idée de mettre par écrit le droit est en effet liée à l'idéal grec d'isonomie, c'est-à-dire d'égalité devant la loi, issu des réformes clisthéniennes de 508 av. J.-C., et au fondement de la démocratie athénienne[1]. Ces réformes conduisent à l'éloignement du concept de nomos vis-à-vis du thesmos et de la themis[n 3]. Le nomos prend son sens moderne d'une loi dictée par la politique, d'un dispositif unifiant la loi, l'écriture et la « laïcité »[9]. La lex vient ainsi traduire ce sens moderne du nomos, par opposition au ius ancien et secret[9].

Les historiens modernes constatent toutefois que la séparation avec la religion n’est pas totale, car la loi contient encore des prescriptions rituelles sur les funérailles ou des traces du châtiment par la consécration aux dieux : « Si un patron commet une tromperie à l’égard d’un client, qu’il soit homo sacer »[a 8]. Ils soulignent néanmoins l’effort de modernisation et même de laïcisation par rapport aux lois de l’époque royale. À la condamnation divine se substitue la réparation, si possible convenue entre les parties[10].

Apports politiques et juridiques[modifier | modifier le code]

Pour les crimes politiques, la loi impose une nouvelle procédure, menée sous l'instruction des questeurs (comissia). Une des dispositions de la loi a fait débat par son excès. Le débiteur de plusieurs créanciers peut, selon certains, être découpé en autant de morceaux que de créanciers (partes secanto)[a 9]. Mais la disposition n'aurait que peu, voire jamais, été appliquée en raison de son manque d'intérêt évident pour les créanciers.

La limitation de l'imperiumconsulaire se fait essentiellement dans le domaine de la justice. Toutefois, la loi n'apporte pas l'égalité juridique entre la plèbe et les patriciens car les procédures sont gardées secrètes. L’ajout des deux dernières tables maintient une stricte séparation entre les deux classes, car elle interdit le mariage mixte entre plébéiens et patriciens[a 10]. Par l’interdiction des mariages mixtes, le patriciat semble avoir la volonté arrêtée de séparer juridiquement deux ordres qui ne l’étaient jusqu’alors que par un état de fait.

Elle n’apporte enfin aucune satisfaction aux revendications agraires de la plèbe, ni aucun avantage politique concret, comme l’accès aux magistratures.

Malgré ce premier succès de la plèbe, le projet de la « Loi des Douze Tables » échoue finalement. Les prêtres, qui doivent désormais interpréter le ius en fonction de ces lois écrites, enferment le texte dans un réseau complexe d'interprétations, faisant prévaloir le responsum sur la lex[11]. De nouveau, le savoir des experts s'impose, en s'appuyant sur un modèle jurisprudentiel, au détriment d'un accès immédiat aux lois publiques, conduisant ainsi vers un système oligarchique[11].

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Table I : procédure civile[modifier | modifier le code]

SI IN IVS VOCAT, ITO. NI IT, ANTESTAMINO. IGITVR EM CAPITO.
SI CALVITVR PEDEMVE STRVIT, MANVM ENDO IACITO.
SI MORBVS AEVITASVE VITIVM ESCIT, IVMENTVM DATO. SI NOLET, ARCERAM NE STERNITO.
ASSIDVO VINDEX ASSIDVVS ESTO. PROLETARIO IAM CIVI QVIS VOLET VINDEX ESTO.
... VADES ... SVBVADES ...
NEX ... FORTI SANATI ...
REM VBI PACVNT, ORATO.
NI PACVNT, IN COMITIO AVT IN FORO ANTE MERIDIEM CAVSSAM COICIVNTO. COM PERORANTO AMBO PRAESENTES.
POST MERIDIEM PRAESENTI LITEM ADDICITO.
SI AMBO PRAESENTES, SOLIS OCCASVS SVPREMA TEMPESTAS ESTO.
TranscriptionTraduction
si in ius vocat, ito. ni it, antestamino. igitur em capito.[a 11],[a 12]Si l'on cite quelqu'un en justice, qu'il y aille. S'il n'y va pas, que l'on appelle des témoins. Seulement ensuite, qu'on le capture.
si calvitur pedemve struit, manum endo iacito.[a 13]S'il esquive ou fuit, qu'on le capture.
si morbus aevitasve vitium escit, iumentum dato. si nolet, arceram ne sternito.[a 14]S'il y a maladie ou vieillesse, qu'on lui fournisse une bête de somme. S'il n'en veut pas, qu'on ne le couvre pas.
assiduo vindex assiduus esto. proletario iam civi quis volet vindex esto.[a 15]Qu'à un propriétaire foncier soit garant un autre propriétaire foncier. Qu'à un prolétaire soit garant n'importe quel citoyen qui le veut bien.
... vades ... subvades ...[a 15]... ceux qui se portent caution d'un emprunt par engagement oral ... les cautions en second ...
nex ... forti sanati ... — nexo solutoque, forti sanatique idem jus esto.[a 16]Que ceux qui sont engagés (par nexum ou mancipium) et ceux qui sont dégagés aient le même droit.
rem ubi pacunt, orato.[a 17]S'ils s'accordent, qu'on le proclame.
ni pacunt, in comitio aut in foro ante meridiem caussam coiciunto. com peroranto ambo praesentes.[a 17]S'ils ne s'accordent pas, qu'ils exposent leur cas au forum avant midi. Que tous deux soient présents pendant les exposés.
post meridiem praesenti litem addicito.[a 17],[a 18],[a 19]Après midi, qu'on adjuge l'objet du litige à celui qui est présent.
si ambo praesentes, solis occasus suprema tempestas esto.[a 17],[a 18],[a 19]Si tous les deux sont présents, que le crépuscule mette fin au litige.

Table II : procédure civile[modifier | modifier le code]

... MORBVS SONTICVS ... AVT STATVS DIES CVM HOSTE ... QVID HORVM FVIT VNVM IVDICI ARBITROVE REOVE, EO DIES DIFFISSVS ESTO.
CVI TESTIMONIVM DEFVERIT, IS TERTIIS DIEBVS OB PORTVM OBVAGVLATVM ITO.
...
DE REBVS M AERIS PLVRISVE D ASSIBVS, DE MINORIS VERO L ASSIBVS SACRAMENTO CONTENDEBATVR.
AT SI DE LIBERTATE HOMINIS CONTROVERSIA ERAT, TAMEN VT L ASSIBVS SACRAMENTO CONTENDERETVR.
...
... PER IVDICIS POSTVLATIONEM AGEBATVR ...
TranscriptionTraduction
... morbus sonticus ... aut status dies cum hoste ... quid horum fuit unum iudici arbitrove reove, eo dies diffissus esto.[a 20],[a 21]... une grave maladie ... ou un jour fixé avec un ennemi ; ... si l'un ou l'autre de ces empêchements est un obstacle pour le juge, l'arbitre ou l'accusé, que le jour soit différé.
cui testimonium defuerit, is tertiis diebus ob portum obvagulatum ito.[a 22]Que celui à qui le témoignage a manqué aille interpeller à haute voix son adversaire trois jours devant sa porte.
de rebus M aeris plurisve D assibus, de minoris vero L assibus sacramento contendebatur.[a 23]On se défie pour 500 as pour les affaires d'une valeur minimale de 1 000 as, et de 50 as pour les affaires de valeur moindre.
at si de libertate hominis controversia erat, tamen ut L assibus sacramento contenderetur.[a 23]S'il y a controverse sur la liberté d'un individu, l'enjeu est limité à 50 as.
... per iudicis postulationem agebatur ...[a 24]... l'action en pétition de juge ...

Selon Gaius, concernant l'« action en pétition de juge », la procédure est plus ou moins la suivante :

« "Je dis que, en vertu de ton engagement, tu dois me donner 10 000 sesterces. Je te demande si tu l'admets ou le nies." Si l'adversaire affirmait ne rien devoir, le demandeur disait alors : "Puisque tu nies, je te prie, préteur, de désigner un juge ou un arbitre." Ainsi dans ce genre d'action, on pouvait nier sans s'exposer à une pénalité. La même loi prescrivit d'employer cette procédure en matière de partage de succession [...] »

— Gaius, Institutes, IV, 17

Tite-Live, dans son récit de l'épisode de Verginia en 449 av. J.-C., précise que la liberté provisoire existe en vertu de la loi des Douze Tables, seule loi alors existante :

« Les défenseurs de Virginie [...] demandent au décemvir [Appius Claudius Sabinus] [...] selon la loi d'accorder la liberté provisoire. »

— Tite-Live, Histoire romaine, 44, 11-12

Table III : dette[modifier | modifier le code]

AERIS CONFESSI REBVSQVE IVRE IVDICATIS XXX DIES IVSTI SVNTO.
POST DEINDE MANVS INIECTIO ESTO. IN IVS DVCITO.
NI IVDICATVM FACIT AVT QVIS ENDO EO IN IVRE VINDICIT, SECVM DVCITO, VINCITO AVT NERVO AVT COMPEDIBVS XV PONDO, NE MAIORE AVT SI VOLET MINORE VINCITO.
SI VOLET SVO VIVITO, NI SVO VIVIT, QVI EVM VINCTVM HABEBIT, LIBRAS FARIS ENDO DIES DATO. SI VOLET, PLVS DATO.
ERAT AVTEM IVS INTEREA PACISCENDI AC, SI PACTI FORENT, HABEBANTVR IN VINCVLIS DIES SEXAGINTA.
INTER EOS DIES TRINIS NVNDINIS CONTINVIS AD PRAETOREM IN COMITIVM PRODVCEBANTVR, QVANTAEQVE PECVNIAE IVDICATI ESSENT, PRAEDICABATVR.
TERTIIS AVTEM NVNDINIS CAPITE POENAS DABANT, AVT TRANS TIBERIM PEREGRE VENVM IBANT.
TERTIIS NVNDINIS PARTIS SECANTO. SI PLVS MINVSVE SECVERVNT, SE FRAVDE ESTO.
ADVERSVS HOSTEM AETERNA AVCTORITAS <ESTO>.
TranscriptionTraduction
aeris confessi rebusque iure iudicatis XXX dies iusti sunto.[a 25]Une fois la dette reconnue ou l'affaire jugée en procès légitime, que le débiteur ait 30 jours pour payer.
post deinde manus iniectio esto. in ius ducito.[a 25]Ensuite, qu'il y ait finalement mainmise sur lui. Qu'on le conduise devant le juge.
ni iudicatum facit aut quis endo eo in iure vindicit, secum ducito, vincito aut nervo aut compedibus XV pondo, ne maiore aut si volet minore vincito.[a 25]S'il ne satisfait pas au jugement ou si personne ne se porte garant pour lui en justice, qu'il l'emmène avec lui, le lie avec une corde ou avec des chaînes d'un poids maximum de 15 livres, moins s'il le veut.
si volet suo vivito, ni suo vivit, qui eum vinctum habebit, libras faris endo dies dato. si volet, plus dato.[a 25]S'il le veut, qu'il vive à ses propres frais. S'il ne vit pas à ses propres frais, que celui qui l'enchaîne lui donne une livre de farine par jour. S'il le veut, qu'il donne plus.
erat autem ius interea paciscendi ac, si pacti forent, habebantur in vinculis dies sexaginta.[a 26]À défaut d'arrangement, le débiteur est enchaîné soixante jours.
inter eos dies trinis nundinis continuis ad praetorem in comitium producebantur, quantaeque pecuniae iudicati essent, praedicabatur.[a 26]Durant cet intervalle, pendant trois jours de marchés consécutifs, qu'on le conduise au comice et qu'on lui rappelle chaque fois à haute voix le montant de sa condamnation.
tertiis autem nundinis capite poenas dabant, aut trans Tiberim peregre venum ibant.[a 26]Au troisième jour du marché, il est puni de la peine capitale, ou d'être vendu à l'étranger au-delà du Tibre.
tertiis nundinis partis secanto. si plus minusve secuerunt, se fraude esto.[a 27]Au troisième jour du marché, qu'on le coupe <le débiteur> en morceaux. S'ils <les créanciers> en prennent plus qu'il en leur est dû, que cela se fasse en toute impunité.
adversus hostem aeterna auctoritas <esto>.[a 20]Contre un ennemi, le droit de propriété est toujours valide.

Table IV : famille[modifier | modifier le code]

CITO NECATVS INSIGNIS AD DEFORMITATEM PVER ESTO.
SI PATER FILIVM TER VENVM DVIT, FILIVS A PATRE LIBER ESTO.
ILLAM SVAM SVAS RES SIBI HABERE IVSSIT CLAVES ADEMIT, EXEGIT.
CONCEPISSET IN DECEM MENSIBVS GIGNI HOMINEM.
TranscriptionTraduction
cito necatus insignis ad deformitatem puer esto.[a 28]Que soit tué l'enfant atteint d'une difformité manifeste.
si pater filium ter venum duit, filius a patre liber esto.[a 29],[a 30]Si le père vend <loue> trois fois son fils, que le fils soit libéré de son père[n 4].
illam suam suas res sibi habere iussit claves ademit, exegit.[a 31]Qu'il ordonne à sa femme d'emmener ses frusques <en cas de divorce>, et qu'elle rende les clefs.
concepisset in decem mensibus gigni hominem.[a 32]L'enfantement doit avoir lieu dans les dix mois.

À propos de la dernière condition, Ulpien précise :

« L'enfant qui est encore dans le sein de sa mère est admis à la succession ab intestat [...] L'enfant né après les dix mois de la mort de son père n'est point admis à sa succession légitime. »

— Ulpien, ad Sabinum

Table V : succession[modifier | modifier le code]

FEMINAS, ETIAMSI PERFECTAE AETATIS SINT, IN TVTELA ESSE ... EXCEPTIS VIRGINIBVS VESTALIBVS.
MVLIERIS, QVAE IN AGNATORVM TVTELA ERAT, RES MANCIPII VSVCAPI NON POTERANT, PRAETERQVAM SI AB IPSA TVTORE <AVCTORE> TRADITAE ESSENT.
VTI LEGASSIT SVPER PECVNIA TVTELAVE SVAE REI, ITA IVS ESTO.
SI INTESTATO MORITVR, CVI SVVS HERES NEC ESCIT, ADGNATVS PROXIMVS FAMILIAM HABETO.
SI ADGNATVS NEC ESCIT, GENTILES FAMILIAM HABENTO.
QVIBVS TESTAMENTO ... TVTOR DATVS NON SIT, AGNATI SVNT TVTORES.
SI FVRIOSVS ESCIT, ADGNATVM GENTILIVMQVE IN EO PECVNIAQVE EIVS POTESTAS ESTO.
... AST EI CVSTOS NEC ESCIT ...
PRODIGO INTERDICITVR BONORVM SVORVM ADMINISTRATIO.
PRODIGVM, CVI BONIS INTERDICTVM EST, IN CVRATIONE IVBET ESSE AGNATORVM.
CIVIS ROMANI LIBERTI HEREDITATEM PATRONO DEFERT, SI INTESTATO SINE SVO HEREDE LIBERTVS DECESSERIT.
EA, QVAE IN NOMINIBVS SVNT, ... IPSO IVRE IN PORTIONES HEREDITARIAS DIVISA SVNT.
AES ALIENVM HEREDITARIVM PRO PORTIONIBVS QVAESITIS SINGVLIS IPSO IVRE DIVISVM.
HAEC ACTIO (FAMILIAE HERCISCVNDAE) PROFICISCITVR.
TranscriptionTraduction
feminas, etiamsi perfectae aetatis sint, in tutela esse ... exceptis virginibus Vestalibus.[a 33]Les femmes, même majeures, restent en tutelle ... à l'exception des vierges Vestales.
mulieris, quae in agnatorum tutela erat, res mancipii usucapi non poterant, praeterquam si ab ipsa tutore <auctore> traditae essent.[a 34]Les biens de la femme qui est en tutelle des agnats ne peuvent être usucapés comme biens mancipables, excepté s'ils ont été livrés par elle avec l'autorisation du tuteur.
uti legassit super pecunia tutelave suae rei, ita ius esto.[a 35]Ce que l'on aura ordonné par testament, quant à son argent, ou pour la conservation de son bien, doit être exactement exécuté.
si intestato moritur, cui suus heres nec escit, adgnatus proximus familiam habeto.[a 36]Si une personne meurt sans testament et sans héritiers, l'agnat le plus proche hérite.
si adgnatus nec escit, gentiles familiam habento.[a 37]S'il n'y a pas d'agnats, que les membres de la gens héritent.
quibus testamento ... tutor datus non sit, agnati sunt tutores.[a 38]Si le testament ne désigne pas de tuteur, les agnats deviennent tuteurs.
si furiosus escit, adgnatum gentiliumque in eo pecuniaque eius potestas esto.Si quelqu'un est fou furieux et qu'il n'a pas de gardien, son agnat le plus proche a l'autorité sur lui et son patrimoine.
... ast ei custos nec escit ...[a 39]... mais il n'y aura pas de gardien pour lui ...
prodigo interdicitur bonorum suorum administratio.[a 40]On interdit au prodigue l'administration de ses biens.
prodigum, cui bonis interdictum est, in curatione iubet esse agnatorum.[a 41]Le prodigue ou le fou, auquel on a ôté l'administration de ses biens, est sous la curatelle de ses agnats.
civis Romani liberti hereditatem patrono defert, si intestato sine suo herede libertus decesserit.[a 42]Qu'on défère au patron la succession de l'affranchi, citoyen romain, mort sans testament et sans héritiers.
ea, quae in nominibus sunt, ... ipso iure in portiones hereditarias divisa sunt.[a 43]Les dettes passives et actives du défunt ne sont point divisibles, car elles sont de plein droit divisées en portions héréditaires.
aes alienum hereditarium pro portionibus quaesitis singulis ipso iure divisum.[a 44]Les dettes de la succession sont divisées proportionnellement par un pacte entre les héritiers du débiteur.
haec actio (familiae herciscundae) proficiscitur.[a 45]Cette action permet (à des cohéritiers) de cesser d'être en commun <pour la succession>.

Table VI : biens[modifier | modifier le code]

CVM NEXVM FACIET MANCIPIVMQVE, VTI LINGVA NVNCVPASSIT, ITA IVS ESTO.
SATIS ESSET EA PRAESTARI, QVAE ESSENT LINGVA NVNCVPATA, QVAE QVI INFITIATVS ESSET, DVPLI POENAM SVBIRET, A IVRIS CONSVLTIS ETIAM RETICENTIAE POENA EST CONSTITVTA.
VSVS AVCTORITAS FVNDI BIENNIVM EST, ... CETERARVM RERVM OMNIVM ... ANNVVS EST VSVS.
TIGNVM IVNCTVM AEDIBVS VINEAVE SEI CONCAPIT NE SOLVITO.
TranscriptionTraduction
cum nexum faciet mancipiumque, uti lingua nuncupassit, ita ius esto.[a 46]Lorsqu'on fait nexum (prise de possession) ou mancipium (cession), et qu'on le déclare oralement, le droit est donné.
satis esset ea praestari, quae essent lingua nuncupata, quae qui infitiatus esset, dupli poenam subiret, a iuris consultis etiam reticentiae poena est constituta.[a 47]Il suffit de fournir ce qui a été formellement déclaré, et celui qui a trompé est condamné à la peine du double.
usus auctoritas fundi biennium est, ... ceterarum rerum omnium ... annuus est usus.[a 48]<L'usucapion> des biens mobiliers se fait par an, celui des maisons par deux ans.
tignum iunctum aedibus vineave sei concapit ne solvito.[a 49]Nul ne doit détacher les poutres des bâtiments ou des vignes d'autrui.

Table VII : biens immobiliers[modifier | modifier le code]

VIAE LATITVDO IN PORRECTVM OCTO PEDES HABET, IN ANFRACTVM, ID EST VBI FLEXVM EST, SEDECIM.
AMSEGETES VIAS MVNIVNTO : DONICVM LAPIDES SVNT: NI MVNIERINT, QVA VOLENT JVMENTA AGITO.
SI AQVA PLVVIA NOCET ... IVBETVR EX ARBITRIO COERCERI.
SI PER PVBLICVM LOCVM RIVVS AQVAE DVCTVS PRIVATO NOCEBIT, ERIT ACTIO PRIVATO, VT NOXA DOMINO SARCIATVR.
VT XV PEDES ALTIVS RAMI ARBORIS CIRCVMCIDANTVR.
SI ARBOR EX VICINI FVNDO VENTO INCLINATA IN TVVM FVNDVM IST, DE ADIMENDA EA RECTE AGERE POTES.
VT GLANDEM IN ALIENVM FVNDVM PROCIDENTEM LICERET COLLIGERE.
TranscriptionTraduction
viae latitudo in porrectum octo pedes habet, in anfractum, id est ubi flexum est, sedecim.[a 50]La largeur du chemin doit être de huit pieds en ligne droite et seize dans les virages.
amsegetes vias muniunto : donicum lapides sunt: ni munierint, qua volent jumenta agito.[a 51]Que les chemins privés soient bordés de pierres <par leur propriétaire>. Sinon, par défaut, <les autres> peuvent faire passer les animaux où ils veulent.
si aqua pluvia nocet ... iubetur ex arbitrio coerceri.[a 52]Si l'eau pluviale <d'une autre propriété> cause des dommages <à un propriétaire> ... <le propriétaire> peut en appeler à un juge.
si per publicum locum rivus aquae ductus privato nocebit, erit actio privato, ut noxa domino sarciatur.[a 53]Si un ruisseau passant à travers un lieu public forme un aqueduc et nuit à un particulier, celui-ci dispose d'une action visant à garantir la réparation du tort ainsi causé.
ut XV pedes altius rami arboris circumcidantur.[a 54]Que les arbres soient élagués jusqu'à 15 pieds.
si arbor ex vicini fundo vento inclinata in tuum fundum ist, de adimenda ea recte agere potes.[a 55]Si un arbre frappé d'un coup de vent penche de la propriété voisine sur la vôtre, vous avez une action pour le faire abattre.
ut glandem in alienum fundum procidentem liceret colligere.[a 56]On peut ramasser le gland tombé sur la propriété d'autrui.

Table VIII : délits civils[modifier | modifier le code]

QVI MALVNT CARMEN INCANTASSIT ...
... RES CAPITE ... SI QVIS OCCENTAVISSET SIVE CARMEN CONDIDISSET, QVOD INFAMIAM FACERET FLAGITIVMVE ALTERI.
SI MEMBRVM RVPSIT, NI CVM EO PACIT, TALIO ESTO.
MANV FVSTIVE SI OS FREGIT LIBERO, CCC, SI SERVO, CL POENAM SVBITO SI INIVRIAM FAXSIT, VIGINTI QVINQVE POENAE SVNTO.
TranscriptionTraduction
qui malum carmen incantassit ...[a 57]Celui qui prononcera un maléfice ...
... res capite ... si quis occentavisset sive carmen condidisset, quod infamiam faceret flagitiumve alteri.[a 58]... peine capitale ... pour celui qui a soit récité publiquement, soit composé des vers, qui attireraient sur autrui le déshonneur ou l'infamie.
si membrum rupsit, ni cum eo pacit, talio esto.[a 59],[a 60]Si on a estropié un autre et qu'on n'a pas conclu d'accord à l'amiable avec la victime, que la peine du Talion soit appliquée.
manu fustive si os fregit libero, CCC, si servo, CL poenam subito si iniuriam faxsit, viginti quinque poenae sunto.[a 61]Si quelqu'un casse les os d'un autre à la main ou grâce à une massue, que la peine soit de 300 sesterces, si c'est un esclave, 150, s'il a fait un simple mal, vingt-cinq.

Table IX : principes constitutionnels[modifier | modifier le code]

NE INROGANTO ... NE FERVNTO

Table X : règles funéraires[modifier | modifier le code]

HOMINEM MORTVVM IN VRBE NE SEPELITO NEVE URITO.
QVI CORONAM PARIT IPSE PECVNIAVE EIVS HONORIS VIRTVTISVE ERGO ARDVITVR EI ...
NEVE AVRVM ADDITO. AT CVI AVRO DENTES IVNCTI ESCVNT. AST IN CVM ILLO SEPELIET VRETVE, SE FRAVDE ESTO.
TranscriptionTraduction
Hominem mortuum in Urbe ne sepelito neve urito.L'homme mort, qu'on ne l'ensevelisse ni ne le brûle dans la ville.
Qui coronam parit ipse pecuniave eius honoris virtutisve ergo arduitur ei ...La couronne obtenue par la bravoure soit, sans qu'il y ait délit, placée sur le corps de celui qui l'a gagnée
Neve aurum addito. At cui auro dentes iuncti escunt. Ast in cum illo sepeliet uretue, se fraude esto.N'apporte pas d'or ... celui qui a les dents reliées par de l'or, si avec cet or on l'enterre ou le brûle, que ce soit sans délit.

Table XI : mariage[modifier | modifier le code]

CONVBIA PLEBI CVM PATRIBVS SANXERVNT.
TranscriptionTraduction
conubia plebi cum patribus sanxerunt.[a 62]Le mariage entre un plébéien et un patricien est prohibé.

Table XII : crimes[modifier | modifier le code]

ADVERSVS EVM, QVI HOSTIAM EMISSET NEC PRETIVM REDDERET ; ITEM ADVERSVS EVM, QVI MERCEDEM NON REDDERET PRO EO IVMENTO, QVOD QVIS IDEO LOCASSET, VT INDE PECVNIAM ACCEPTAM IN DAPEM, ID EST IN SACRIFICIVM, IMPENDERET.
SI SERVO FVRTVM FAXIT NOXIAMVE NOXIT.
SI VINDICIAM FALSAM TVLIT, SI VELIT IS ... TOR ARBITROS TRIS DATO, EORVM ARBITRIO ... FRVCTVS DVPLIONE DAMNVM DECIDITO.
TranscriptionTraduction
adversus eum, qui hostiam emisset nec pretium redderet ; item adversus eum, qui mercedem non redderet pro eo iumento, quod quis ideo locasset, ut inde pecuniam acceptam in dapem, id est in sacrificium, impenderet.[a 63]Contre celui qui aurait acheté un animal sans en acquitter le prix ; contre celui qui ne paierait pas la somme afférente à la bête donnée en location, à cette condition que l'argent retiré fût employé à une offrande.
si servo furtum faxit noxiamve noxit.[a 64]Si un esclave se rend coupable de vol ou commet un délit ... l'action est préjudiciable.
si vindiciam falsam tulit, si velit is ... tor arbitros tris dato, eorum arbitrio ... fructus duplione damnum decidito.[a 65]Si quelqu'un revendique faussement un bien ... trois juges sont nommés ... la sanction du dommage est le double de la valeur du bien.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et bSchiavone 2008, p. 105-110.
  2. ↑Tite-Live, Histoire romaine, Livre III, 33
  3. ↑Tellegen-Couperus 1993, p. 19–20.
  4. ↑Schiavone 2008, p. 104.
  5. ↑Le Glay 2005, p. 62.
  6. ↑Girard et Senn 1977, p. 22-73.
  7. ↑Christol et Nony 2003, p. 43.
  8. ↑Schiavone 2008, p. 97-117.
  9. a et bSchiavone 2008, p. 101.
  10. ↑Grimal 1981, p. 99-100.
  11. a et bSchiavone 2008, p. 121.
  1. ↑Tite-Live, Histoire romaine, III, 9-10
  2. ↑Tite-Live, Histoire romaine, III, 31
  3. ↑Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, X, 54, 3
  4. ↑Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, Livre XII, 9
  5. ↑Tite-Live, Histoire romaine, III, 34-35 et 52
  6. ↑Strabon, Géographie[détail des éditions][lire en ligne], XIV, 1, 25
  7. ↑Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, X, 5, 5
  8. ↑Servius, Ad Aen., 6, 609
  9. ↑Aulu-Gelle, Nuits attiques, XX, I
  10. ↑Cicéron, De Republica, 2, 37, 63
  11. ↑Aulu-Gelle, Nuits Attiques, , XX, I, 25
  12. ↑Cicéron, Les Lois, II, IV, 9
  13. ↑Festus, De la signification des mots, XIV, pedem struit et XVII, struere
  14. ↑Aulu-Gelle, Nuits Attiques, XX, I, 25
  15. a et bAulu-Gelle, Nuits Attiques, XVI, X, 5
  16. ↑Festus, De la signification des mots, XVII, sanates
  17. a, b, c et dAulu-Gelle, Nuits Attiques, XVII, II, 10
  18. a et bFestus, De la signification des mots, XVII, supremum
  19. a et bVarron, La langue latine, VII, 51
  20. a et bCicéron, Des devoirs, I, XII, 37
  21. ↑Festus, De la signification des mots, XVI, reus et XVII, sonticus morbus
  22. ↑Festus, De la signification des mots, XIV, portus et XIX, vagulatio
  23. a et bGaius, Institutes, IV, 13-14
  24. ↑Gaius, Institutes, IV, 17
  25. a, b, c et dAulu-Gelle, Nuits Attiques, XV, XIII, 11 et Nuits Attiques, XX, I, 42-45
  26. a, b et cAulu-Gelle, Nuits Attiques, XX, I, 46-47
  27. ↑Aulu-Gelle, Nuits Attiques, XX, I, 48-52
  28. ↑Cicéron, Les Lois, III, VIII, 19
  29. ↑Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, II, 27
  30. ↑Ulpien, Reg., X, 1
  31. ↑Cicéron, Deuxième philippique, 28, 69
  32. ↑Aulu-Gelle, Nuits Attiques, III, XVI, 12
  33. ↑Gaius, Institutes, I, 144-145
  34. ↑Gaius, Institutes, II, 47
  35. ↑Ulpien, Reg., XI, 14
  36. ↑Ulpien, Reg., XXVI, 1
  37. ↑Ulpien, Coll., XXVI, 4, 2
Affichage des tables de bronze portant la loi.
Représentation figurée de la Loi des Douze Tables sur le fronton de la Cour suprême de Leipzig.
Allégorie de la Loi des Douze Tables, illustration issue d'un livre de droit, 1555.
  1. ↑Les tables de bronze sont exposées près des Rostres selon Diodore de Sicile (XII, 10), ce qui est un anachronisme puisque les Rostres n’existent pas encore à cette époque
  2. ↑En grec : Νόμοι
  3. ↑Souvent traduit par « justice », mais dénotant, chez Homère par exemple, ou dans les lois de Dracon et les lois de Solon, un sens oraculaire
  4. ↑Cette règle est utilisée pour émanciper les enfants

According to Roman tradition, the Law of the Twelve Tables (Latin: Leges Duodecim Tabularum or Duodecim Tabulae) was the legislation that stood at the foundation of Roman law. The Tables consolidated earlier traditions into an enduring set of laws.[1][2]

The Twelve Tables are sufficiently comprehensive that their substance has been described as a 'code',[3] although modern scholars consider this characterisation exaggerated.[2] The Tables were a sequence of definitions of various private rights and procedures. They generally took for granted such things as the institutions of the family and various rituals for formal transactions. The provisions were often highly specific and diverse.[4]

Drafting and development[edit]

The Twelve Tables of Roman society were said by the Romans to have come about as a result of the long social struggle between patricians and plebeians. After the expulsion of the last king of Rome, Tarquinius Superbus, the Republic was governed by a hierarchy of magistrates. Initially, only patricians were eligible to become magistrates and this, among other plebeian complaints, was a source of discontent for plebeians. In the context of this unequal status, plebeians would take action to secure concessions for themselves using the threat of secession. They would threaten to leave the city with the consequence that it would grind to a halt, as the plebeians were Rome's labor force. Tradition held that one of the most important concessions won in this class struggle was the establishment of the Twelve Tables, establishing basic procedural rights for all Roman citizens in relation to each other.[5] The drafting of the Twelve Tables may have been fomented by a desire for self-regulation by the patricians, or for other reasons.[2]

Around 450 BC, the first decemviri (decemvirate, board of "Ten Men") were appointed to draw up the first ten tables. According to Livy, they sent an embassy to Greece to study the legislative system of Athens, known as the Solonian Constitution, but also to find out about the legislation of other Greek cities.[6][7] Some scholars dispute the veracity of any claim that the Romans imitated the Greeks in this respect[8] or suggest that they visited the Greek cities of Southern Italy, and did not travel all the way to Greece.[9] In 450 BC, the second decemviri started to work on the last two tables.

The first decemvirate completed the first ten codes in 450 BC. Here is how Livy describes their creation,

"...every citizen should quietly consider each point, then talk it over with his friends, and, finally, bring forward for public discussion any additions or subtractions which seemed desirable." (cf. Liv. III.34)

In 449 BC, the second decemvirate completed the last two codes, and after a secessio plebis to force the Senate to consider them, the Law of the Twelve Tables was formally promulgated.[10] According to Livy (AUC 3.57.10) the Twelve Tables were inscribed on bronze (Pomponius (Dig. 1 tit. 2 s2 §4) alone says on ivory), and posted publicly, so all Romans could read and know them.

Some of the provisions are procedural to ensure fairness amongst all Romans in the courts, while other established legal terms dictating the legality of capital crimes, intentional homicide, treason, perjury, judicial corruption, and writing slanderous poems.[11] The Romans valued keeping peace in the city and the Twelve Tables were a mechanism of establishing and continuing peace and equality.[11]

Laws of the Twelve Tables[edit]

Following are excerpts from this very important table of laws:

TABLE 1Procedure: for courts and trials
TABLE 2Trials continued & Theft
TABLE 3Debt
TABLE 4Rights of fathers (paterfamilias) over the family
TABLE 5Legal guardianship and inheritance laws
TABLE 6Acquisition and possession
TABLE 7Land rights & crimes
TABLE 8Torts and delicts (Laws of injury)
TABLE 9Public law
TABLE 10Sacred law
TABLE 11Supplement I
TABLE 12Supplement
  • Table I. "If he (plaintiff) summon him (defendant) into court, he shall go. If he does not go, (plaintiff) shall call witnesses. Then only he shall take him by force. If he refuses or flees, he (plaintiff) shall lay hands on him. If disease or age is an impediment, he shall grant him a team (of oxen). He shall not spread with cushions the covered carriage if he does not wish to.
  • Table II. "Whoever is in need of evidence, he shall go on every third day to call out loud before the doorway of the witness." "Where anyone commits a theft by night, and caught in the act is killed, he is legally killed. If anyone commits a theft during the day, and is caught in the act, he shall be scourged, and given up as a slave to the person against whom the theft was committed. Stolen property shall always be his to whom it formerly belonged; nor can the lawful owner ever be deprived of it by long possession; nor can it ever be acquired by another, no matter in what way this may take place. He whose witness has failed to appear may summon him by loud calls before his house every third day."[11]
  • Table III. "When a debt has been acknowledged or a judgment has been pronounced in court, 30 days must be the legitimate grace period. Thereafter, arrest of the debtor may be made by the laying on of hands. Bring him into court. If he does not satisfy the judgment (or no one in court offers himself as surety on his behalf) the creditor may take the debtor with him. He may bind him either in stocks or fetters, with a weight of no less than 15 lbs. (or more if he desires)." [After 60 days in custody, the case is returned to the court, and if the debt is not then paid, the debtor can be sold abroad as a slave, or put to death.]
  • Table IV. "A dreadfully deformed child shall be quickly killed. If a father sell his son three times, the son shall be free from his father. A child born after ten months since the father's death will not be admitted into a legal inheritance."[11]
  • Table V. "Our ancestors saw fit that "females, by reason of levity of disposition, shall remain in guardianship, even when they have attained their majority."
    • A spendthrift is forbidden to exercise administration over his own goods.
    • The inheritance of a Roman citizen-freedman is made over to his patron, if the freedman has died intestate (without a will) and has no natural successor.
  • Table VI. When a party shall make bond or conveyance, what he has named by word-of-mouth that shall hold good.
    • Marriage by 'usage' (usus): Where a woman, who has not been united to a man in marriage, lives with him for an entire year without the possession of her being interrupted for three nights, she shall pass into his power as his legal wife.
  • Table VII. Anyone who, by means of incantations and magic arts, prevents grain or crops of any kind belonging to another from growing, shall be sacrificed to Ceres.
    • "If any person has sung or composed against another person a SONG (carmen') such as was causing slander or insult.... he shall be clubbed to death."
    • "If a person has maimed another's limb, let there be retaliation in kind, unless he agrees to make compensation with him." (Lex talionis)
    • "If a patron shall defraud his client, he must be solemnly forfeited ('killed').
    • "Whoever is convicted of speaking false witness shall be flung from the Tarpeian Rock."
    • Anyone who annoys another by means of magic incantations or diabolical arts, and renders him inactive, or ill; or who prepares or administers poison to him, is guilty of a capital crime,[1] and shall be punished with death.
  • Table VIII. A space of two feet and a half must be left between neighboring buildings.
    • Where a road runs in a straight line, it shall be eight feet, and where it curves, it shall be sixteen feet in width.
    • When the fruit of a tree falls upon the premises of a neighbor, the owner of the tree shall have a right to gather and remove it
    • When a man's land lies adjacent to the highway, he can enclose it in any way that he chooses; but if he neglects to do so, any other person can drive an animal over the land wherever he pleases.
  • Table IX. "No person shall hold meetings in the City at night."
    • "The penalty shall be capital for a judge or arbiter legally appointed who has been found guilty of receiving a bribe for giving a decision. Treason: he who shall have roused up a public enemy or handed over a citizen to a public enemy must suffer capital punishment." [11]
    • "Putting to death... of any man who has not been convicted, whosoever he might be, is forbidden."
  • Table X. Women shall not during a funeral lacerate their faces, or tear their cheeks with their nails; nor shall they utter loud cries bewailing the dead.
    • The body of no dead slave shall be anointed; nor shall any drinking take place at his funeral, nor a banquet of any kind be instituted in his honor.
  • Table XI. "Marriage shall not take place between a patrician and a plebeian."
    • Affairs of great importance shall not be transacted without the vote of the people, with whom rests the power to appoint magistrates, to condemn citizens, and to enact laws. Laws subsequently passed always take preference over former ones.
  • Table XII. If a slave, with the knowledge of his master, should commit a theft, or cause damage to anyone, his master shall be given up to the other party by way of reparation for the theft, injury, or damage committed by the slave.

Table III: Debt[edit]

The laws the Twelve Tables covered were a way to publicly display rights that each citizen had in the public and private sphere. These Twelve Tables displayed what was previously understood in Roman society as the unwritten laws. The public display of the copper tablets allowed for a more balanced playing field between the Roman patricians who were educated and understood the laws of legal transactions, and the Roman plebeians who had little education or experience in understanding law. By revealing the unwritten rules of society to the public, the Twelve Tables provided a means of safeguard for Plebeians allowing them the opportunity to avoid financial exploitation and added balance to the Roman economy.

Featured within the Twelve Tables are five rules about how to handle debtors and creditors. These rules show how the ancient Romans maintained peace with financial policy. In his article Development of the Roman Law of Debt Security, Donald E. Phillipson states the Twelve Tables were, “A set of statutes known as the Twelve Tables that was passed by an early assembly served as the foundation of the Roman private law. The Twelve Tables were enacted in the mid-fifth century B.C. as the result of a conflict among social classes in ancient Rome.” (page 1231-1232).[12] Phillipson also describes the leniency of the relationship between debtor and creditor on how it was changed and arranged in the 5th century B.C. and how Roman law surrounding it was tweaked within the Twelve Tables that initially drew out the legal boundaries surrounding debt. Specially discussing the influence of creditors rights, Phillipson states, “In the fifth century B.C. only movables were pledged under pignus, although any res in which bonitary ownership was held was capable of being pledged. However, by the late Republic, land and buildings were increasingly pledged in pignus arrangements. This increased usage paralleled the expansion of creditors' rights with respect to the pledged property. The right of possession and seizure (jus possidendi) and the right of foreclosure and sale (jus distrahendi) were probably the most important of the developing creditors' rights. These increased creditors' rights also encouraged and contributed to the expansion of the types of res in which bonitary ownership, and thus pignus arrangements, were possible. For example, the use of pignus expanded to include usufructs, rustic servitudes, rights of way, and even pledges themselves by the second century A.D.” (page 1239).[12]

In the book, The Twelve Tables, written by an anonymous source due to its origins being collaborated through a series of translations of tablets and ancient references, P.R. Coleman-Norton arranged and translated many of the significant features of debt that the Twelve Tables enacted into law during the 5th century. The translation of the legal features surrounding debt and derived from the known sources of the Twelve Tables are stated as such

“1. Of debt acknowledged and for matters judged in court (in iure) thirty days shall be allowed by law [for payment or for satisfaction].

2. After that [elapse of thirty days without payment] hand shall be laid on (manus iniectio) [the debtor]. He shall be brought into court (in ius).

3. Unless he (the debtor) discharge the debt or unless some one appear in court (in iure) to guarantee payment for him, he (the creditor) shall take [the debtor] with him. He shall bind [him] either with thong or with fetters, of which the weight shall be not less than fifteen pounds or shall be more, if he (the creditor) choose.

4. If he (the debtor) choose, he shall live on his own [means]. If he live not on his own [means], [the creditor,] who shall hold him in bonds, shall give [him] a pound of bread daily; if he (the creditor) shall so desire, he shall give [him] more.

5. Unless they (the debtors) make a compromise, they (the debtors) shall be held in bonds for sixty days. During those days they shall be brought to [the magistrate] into the comitium (meeting-place) on three successive market[…]”[13]

The five mandates of the Twelve Tables encompassing debt created a new understanding within social classes in ancient Rome that insured financial exploitation would be limited within legal business transactions.

Women[edit]

The Twelve Tables have three sections that pertain to women as they concern estates and guardianship, ownership and possession, and religion, which give a basic understanding as to the legal rights of females.

  • Table V (Estates and Guardianship): “Female heirs should remain under guardianship even when they have attained the age of majority, but exception is made for the Vestal Virgins.”[11]
  • Table VI (Ownership and Possession): “Where a woman, who has not been united to a man in marriage, lives with him for an entire year without an interruption of three nights, she shall pass into his power as his legal wife.”[11]
  • Table X (Religion): “Women shall not during a funeral lacerate their faces, or tear their cheeks with their nails; nor shall they utter loud cries bewailing the dead.”[11]

One of the aspects highlighted in the Twelve Tables is a woman's legal status and standing in society. Women were considered to be a form of guardianship similar to that of minors,[14] and sections on ownership and possession give off the impression that women were considered to be akin to a piece of real estate or property due to the use of terms such as "ownership" and "possession".[14]

Influence and significance[edit]

The Twelve Tables are often cited as the foundation for ancient Roman law. Although faced with many issues, the Twelve Tables provided a premature understanding of some key concepts such as justice, equality, and punishment.[15] While these ideas were not fully understood, the Twelve Tables play a significant role in the basis of the early American legal system. Political theorists, such as James Madison have highlighted the importance of the Twelve Tables in crafting the United States Bill of Rights.[16] The idea of property was also perpetuated in the Twelve Tables, including the different forms of money, land, and slaves.

Although legal reform occurred soon after the implementation of the Twelve Tables, these ancient laws provided social protection and civil rights for both the patricians and plebeians. At this time, there was extreme tension between the privileged class and the common people resulting in the need for some form of social order. While the existing laws had major flaws that were in need of reform, the Twelve Tables eased the civil tension and violence between the plebeians and patricians.[17]

The influence of the Twelve Tables is still evident in the modern day. For example, the Twelve Tables are tied into the notion of Jus Commune, also known as "common law." Some countries including South Africa and San Marino still base their current legal system on aspects of common law.[17] In addition, law school students throughout the world are still required to study the Twelve Tables as well as other facets of Roman Law in order to better understand the current legal system in place.[18]

Sources[edit]

The Twelve Tables are no longer extant: although they remained an important source through the Republic, they gradually became obsolete, eventually being only of historical interest.[2] The original tablets may have been destroyed when the Gauls under Brennus burned Rome in 387 BC. Cicero claimed[19] that he learned them by heart as a boy in school, but that no one did so any longer. What we have of them today are brief excerpts and quotations from these laws in other authors, often in clearly updated language. They are written in an archaic, laconic Latin (described as Saturnian verse). As such, though it cannot be determined whether the quoted fragments accurately preserve the original form, what is present gives some insight into the grammar of early Latin. Some claim that the text was written as such so plebeians could more easily memorise the laws, as literacy was not commonplace during early Rome. Roman Republican scholars wrote commentaries upon the Twelve Tables, such as L. Aelius Stilo,[20] teacher of both Varro and Cicero.[21]

Like most other early codes of law, they were largely procedural, combining strict and rigorous penalties with equally strict and rigorous procedural forms. In most of the surviving quotations from these texts, the original table that held them is not given. Scholars have guessed at where surviving fragments belong by comparing them with the few known attributions and records, many of which do not include the original lines, but paraphrases. It cannot be known with any certainty from what survives that the originals ever were organised this way, or even if they ever were organised by subject at all.[2]

[edit]

Works cited[edit]

External links[edit]

Roman civilians examining the Twelve Tables after they were first implemented.
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  3. ^Mommsen, T. The History of Rome trans. W. P. Dickson (London, 1864) 290
  4. ^Steinberg, S. 'The Twelve Tables and Their Origins: An Eighteenth-Century Debate' Journal of the History of Ideas Vol. 43, No. 3 (1982) 379-396, 381
  5. ^du Plessis, Paul (2010). Borkowski's Textbook on Roman Law (4th ed.). Oxford. pp. 5–6, 29–30. ISBN 978-0-19-957488-9. 
  6. ^Livy, 2002, p. 23
  7. ^Durant, 1942, p. 23
  8. ^Steinberg, S. 'The Twelve Tables and Their Origins: An Eighteenth-Century Debate' Journal of the History of Ideas Vol. 43, No. 3 (1982) 379-396
  9. ^Grant, Michael (1978). History of Rome (1st ed.). Prentice Hall. p. 75. ISBN 0-02-345610-8. 
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  11. ^ abcdefghRonald., Mellor, (2013-01-01). The historians of ancient Rome : an anthology of the major writings. Routledge. ISBN 9780415527163. OCLC 819515201. 
  12. ^ abPhillipson, D. E. (1968). Development of the Roman Law of Debt Security. Stanford Law Review,20(6), 1230. doi:10.2307/1227498
  13. ^Coleman-Norton, P. R. (1960). The twelve tables. Princeton: Princeton University, Dept. of Classics.
  14. ^ abHurri, Samuli (November 2005). "THE TWELVE TABLES"(PDF). NoFo. 1: 13–23. 
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  16. ^Denis, Fustel De Coulanges Numa. The Ancient City a Study on the Religion, Laws, and Institutions of Greece and Rome. Baltimore: Johns Hopkins UP, 2010. Print.
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  19. ^Cic. Leg. 2.59
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  21. ^Cicero, Brutus 205; Aulus Gellius, Attic Nights 16.8.2.

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